Le Vickers Viking

 Carte d'identité :

Avion de transport commercial britannique
Date de construction inconnue

Envergure : 27.2 m
Longueur : 19.86 m
Poids au décollage : 15422 kg

Cause du naufrage : Panne de moteur

Position : 41°31'21" nord et 8°52'21" est
Localisation : Dans le 256 de l'îlot de Latoniccia et dans le 149 de la pointe Mortoli, 200 m du rivage

Minimum : 11 m
Maximum : 13 m
Courant rare, grand intérêt photographique

Années 50 : un Vickers Viking survole la Corse du Sud avec des passagers d'exception : la fameuse troupe de patineurs d'Holiday on Ice. L'avion est un bi-moteur construit dès 1946 par la firme britannique Vickers Armstrong Ltd,  un appareil dérivé du célèbre Wellington, qui se couvrit de gloire pendant la seconde Guerre Mondiale. Le Vickers Viking fut l'un des plus brillants avions de transport civil moyen courrier produit par l'industrie aéronautique anglaise dans l'immédiat après-guerre. Construit à 161 exemplaires, ces avions furent employés de manière assez intensives et restèrent en service jusqu'à la fin des années 50. Cet avion pouvait transporter, en fonction de ses aménagements intérieurs et de la distance à parcourir de 24 à 36 passagers avec une autonomie maximale de 2735 km.

Dans la cabine, on entendait distinctement le bourdonnement typique des moteurs, une véritable musique pour les passionnés, produite par deux Bristol Hercules 634, de 14 cylindres en étoiles, refroidis par air, capables de développer 1690 chevaux chacun, et donnant à l'appareil une vitesse de croisière de 338 km/h. Pourtant, depuis un moment, ses puissants moteurs commencent à poser quelques problèmes. L'avion perd de l'altitude et le pilote doit à tout prix trouver un endroit approprié pour un atterrissage de fortune. La longue plage de sable de Mortoli semble offrir un terrain convenable, aussi, le pilote descend-t-il jusqu'à en effleurer le sable, mais il s'aperçoit avec épouvante que vers le milieu affleurent quelques roches et que la partie de sable restante est trop courte. En outre, la plage se termine par une série de rochers contre lesquels l'avion va inévitablement s'écraser. Reprendre de l'altitude dans l'état où sont ses moteurs est hors de question. Aussi, le commandant se dirige-t-il vers la mer, décidé à amerrir. Il fait rapidement rentré le train d'atterrissage et, au moment où le fuselage touche les vagues, il cabre légèrement son appareil pour en freiner la course avec la queue. L'opération réussit parfaitement, bien que la partie arrière de l'avion soit mis en pièce. Le fuselage reste en surface assez longtemps pour permettre aux artistes et à l'équipage de se jeter à l'eau et de rejoindre à la nage la côte toute proche.

L'avion coule alors, mais sans aller bien loin car le fond est seulement à 13 m sous la surface.   Là, le Vickers se pose doucement sur le sable, au milieu des posidonies. L'accident n'ayant pas fait de victime, l'information fait peu de bruit : quelques lignes dans les quotidiens, provoquées par la réputation de la troupe de patineurs, puis c'est l'oubli.  L'épave, quant à elle, commence à se couvrir de concrétions  et à être occupée par la faune traditionnelle, trop heureuse de trouver un nouvel habitat au milieu du sable. Au cours de la décennie suivante, des plongeurs visitent l'épave, malheureusement en coupant puis en enlevant les pales d'hélice. Mis à part cela, l'avion est resté plutôt entier et constitua le décor principal d'un court métrage intitulé "Mar Nostrum" et présenté au Festival Mondial de l'Image sous Marine d'Antibes Juan les Pins.

 

La plongée :

Il n'est pas très aisé de localiser la position exacte de l'avion, cependant, en été, il est facile de trouver sur la place quelques bateaux de plongeurs ou de chasseurs, car le site est bien connu des habitués de la plage de Mortoli. La limpidité de l'eau est ici incroyable et, certains jours, on peut voir l'épave en se tenant debout sur le bateau, même sans mettre la tête dans l'eau. La vision la plus belle est, une fois de plus, lorsqu'on est à mi-profondeur, un peu en avant du nez de l'appareil, avec la sensation que celui-ci vole à votre rencontre. Le nez est légèrement abîmé sur le côté droit, sans doute à cause de l'impact sur le fond. Les ailes sont intactes, avec les deux moteurs en étoiles à leur place, particulièrement intéressants à observer même s'ils n'ont plus leurs pales d'hélice. Sous chaque aile, on voit très bien le gros pneumatique en position remontée. De l'arrière de l'appareil, l'accès est sans problème car les sièges qui encombraient le passage ont disparu. La carlingue n'est autre qu'un long tunnel vide, embelli par des concrétions d'éponges, d'ascidies, de bryozoaires et d'annélides, qui avec les nombreux poissons installés ici rehaussent la monochromie de l'aluminium. En palmant sans troubler l'eau, on arrive au poste de pilotage, bien éclairés par plusieurs hublots. Le nombre de fils électriques, qui pendent un peu partout est impressionnant. Les instruments ont également malheureusement disparu.